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"Carambouille au dépôt vente 1"


En 1998, une amie désireuse de se défaire d'objets mobiliers, d'appareils électroménagers, d'ustensiles et vêtements divers ayant appartenus à sa défunte mère, décida de recourir au dépôt-vente volontaire.


Elle s'adressa au cabinet de Maître Ouegnin Gisèle, commissaire priseurs à Abidjan, issue d'une vieille famille de l'ancienne "baronnerie" locale, ce qui pour elle était encore, à l'époque, un gage suffisamment fiable.
L'expertise déterminera une valeur globale à LA VENTE, de 3.774,00€ (2.475.817-cfa).

Selon l'expert (traduisez, maître Ouegnin en personne), la vente devrait être bouclée rapidement par rapport au bon état des objets assortis à des prix de cession plus que raisonnables, nul besoin était de prévoir d'éventuels frais de magasinage (sic).

Confiante, mon amie restera plusieurs mois sans recevoir d'information sur son dépôt volontaire et lorsqu'elle repris contact, la Commissaire-priseur avait disparu !
Inquiète du sort réservé à ses biens et au fil du temps et à mesure que ce silence se faisait entendre, mon amie finira par adresser une lettre recommandée, exprimant son étonnement et son légitime mécontentement.

Sans autres explication, elle reçu un chèque d'acompte de 152,00€ (100.000,-cfa), suivi peu après d'une remise de 304,00€ (200.000,-cfa.) en espèces, des mains d'un comptable, aujourd'hui envolé.

Légèrement rassurée par ces gestes de bonne volonté, un dernier lot constitué de pagnes et d’objets divers sera ajouté à la vente volontaire.

Au cours des mois qui suivirent, même silence radio ! Aucune possibilité d'entendre ni rencontrer ladite Maître Ouegnin, indisponible, momentanément absente, en réunion, en voyage, etc.

Tenace, on le serait à moins, l'amie se rendra régulièrement à cette Étude, sans plus de succès. Elle remarquera cependant vis-à-vis d'elle, un malaise dans le comportement du personnel qui, sans responsable ni encadrement et livré à lui même se dérobait constamment à ses légitimes demandes d'informations, comme s'il obéissait à un quelconque secret professionnel !

Après un déplacement aussi stérile que les autres, un employé l'a rattrapé, en catimini à l'extérieur de l'étude, pour lui glisser furtivement un billet manuscrit gribouillé, presque illisible, sensé être un état. Étonnement, ce document ne contenait que la liste des derniers objets mis en dépôt !

Alarmée, elle tentera d'éclaircir cette embrouille en s'introduisant dans les locaux partiellement déserts où elle constatera la disparition des articles de valeur des précédentes opérations : télévisions, radios, mobiliers de salon et salle à manger, frigo, congélateur, cuisinière, vaisselle, tapis et rideaux, etc.

Ça et là, des objets jonchaient sur le sol, abandonnés aux intempéries.
Fin de la première partie